Amazon brevète un entrepôt sous marin

Si vous pensiez avoir tout vu, détrompez-vous ! Les ingénieurs rivalisent d’idées plus folles les unes que les autres, pour être celui qui trouvera LE concept de demain. À ce petit jeu là, le géant de la distribution Amazon vient de marquer un point. En effet, Amazon vient de déposer un brevet pour le moins déconcertant, un entrepôt immergé … 

AMAZON PRIME AIR _ drones - intro

Rêve américain

Livrer des colis instantanément après la commande, c’est le rêve de Jeff Bezos, PDG d’Amazon. Une idée en réflexion depuis 2013, qui agite les ingénieurs du géant américain. Depuis 2014, Amazon recrute des pilotes de drones ainsi que des ingénieurs aéronautiques pour travailler au développement du service. De nombreux brevets ont été déposés pour assurer une certaine avance. L’un d’entre eux éveille particulièrement notre curiosité. Validé en juillet, il suggère de créer des stations d’accueil des produits sur des objets en hauteur des villes comme des antennes, des lampadaires ou même des trappes sur des toits d’immeubles reliées aux consommateurs par des tubes ou des ascenseurs.

Néanmoins plusieurs obstacles se dressent au projet titanesque d’Amazon. Effectivement, les drones ont une très faible autonomie, ce qui restreint grandement le rayon de livraison. Déployer un projet de cette envergure impliquerait donc de disposer d’une multitude d’entrepôts où seraient stockés les marchandises.  En outre, ils ne peuvent pas transporter de lourds colis, ce qui peut être ennuyeux dans certains cas.

drone prime air - essai - drone - reve américain

Enfin et surtout, le projet doit faire face à des inconvénients d’ordre juridique. L’Agence Federal d’Aviation (FAA) n’autorise le vol de drone que sur certaines zones, à condition d’un contact visuel permanent. Pour tout vol externe aux zones répertoriées, une  autorisation est nécessaire. Une lourdeur juridique qui contrarie les plans titanesques d’Amazon. 

Par conséquent, le projet de « livraison dronesque », Amazon PrimeAir, s’est déplacé de l’autre côté de l’Atlantique, au Royaume-Uni. Amazon a réalisé son premier vol de drone-livreur dans la région de Cambridge le 7 décembre 2016. Une expérience annonciatrice d’une collaboration entre le gouvernement britannique et le géant du net, beaucoup moins regardant sur la régulation des drones livreurs.

Premier essai : un entrepôt volant

Une première idée avait été lancée: un entrepôt volant. Brevetée discrètement dès décembre 2014, l’idée n’a été acceptée qu’en avril 2016. Passée inaperçue jusqu’ici, Amazon a néanmoins sécurisé son concept, avançant patiemment dans son défi de la livraison aérienne. 

entrepôt volant - amazon - photo 1

En effet, pour contourner ce problème d’autonomie, Amazon avait pensé à un zeppelin volant pour que les drones puissent livrer plus facilement et rapidement. Le document remis à l’USPTO (Bureau Américain des Brevets et des Marques de Commerce) suggère d’employer des dirigeables volants afin de stocker des marchandises dans les airs. Ces entrepôts aériens pourront se déplacer en fonction de l’offre et de la demande. 

De ce zeppelin partiront des drones, chargés de paquets, pour livrer le colis à destination. L’extrême mobilité de ces entrepôts sert un objectif bien précis. Amazon imagine pouvoir répondre à une demande d’achat ciblée géographiquement et avec un catalogue de produit limité.

Ces « centres de livraison volants » se placeraient juste au dessus d’une zone où se déroule un évènement ponctuel (sportif, culturel, …). Les consommateurs en possession d’une appli peuvent commander d’un clic les articles qu’ils désirent, parmi le catalogue proposé. Il ne reste plus qu’à attendre la descente du drone pour qu’il récupère en quelques instants sa livraison.

entrepôt volant - image 2 - amazon

Idée subaquatique

Après le ciel et la terre, voici l’eau. Amazon surprend une nouvelle fois avec le dépôt d’un brevet pour le moins déconcertant: un entrepôt complètement immergé sous l’eau. Si l’idée peut paraître absurde, c’est un système ingénieux et économe dont il est question ici. 

L’idée de la firme de Seattle est d’entreposer sous l’eau des containers. Ces derniers seront ensuite placés sur des tapis roulants ou par des drones qui les largueraient par parachutes. Enfin, les colis sont censés couler jusqu’au fond de l’entrepôt. Les containers seront bien évidemment étanches. Mais là où Amazon a été très astucieux c’est sur son système pour récupérer les containers une fois au fond de l’eau.

amazon entrepôt sous l'eau - image 1 - Amazon

Chaque paquet est relié à une bonbonne de gaz, elle-même dotée d’une balise répondant à un signal sonore qui lui est spécifique. Lorsque son signal retentit sous l’eau, alors la bonbonne de gaz se déclenche et dirige doucement le container à la surface de l’eau. De là le colis peut être:

  • dirigé vers un entrepôt sur terre où des employés le réceptionneront
  • récupéré par des bateaux pour le diriger au plus vite vers le lieu de livraison
  • transporté par des drones

entrepôt sous l'eau - amazon - image 2

C’est une technique qui peut être transposée tant sur la mer, que des lacs naturels ou artificiels ou même dans des piscines. 

Des économies certaines

Un projet innovant qui est destiné à optimiser la logistique du leader du e-commerce. De tels entrepôts réduisent de manière conséquente les frais de stockage, principal poste de dépenses de ce type d’entreprise. Économie en termes de stockage mais aussi de main d’oeuvre. Plus besoin de construire des hangars pour stocker les produits nécessitant de nombreux employés. Plus de lourdes machines de manutention non plus. Ce stockage sous marin présente aussi l’avantage d’être exempté de loyer ou de taxe d’habitation. En bref, un stockage pragmatique rapide, moins énergivore et économe.  

amazon entrepôt simple

Malgré de réels avantages, reste à déterminer si la somme épargnée sera assez conséquente pour couvrir le lourd budget nécessaire à la construction et au maintient des centres immergés.

De surcroît, Amazon n’est pas le seul à s’être positionné sur le marché des voies alternatives pour la logistique. En effet, Wal-Mart, géant américain de la grande distribution envisage de livrer certains produits par drones, Alphabet (Google) annonce un programme « Wing » en collaboration avec la FAA. Mais l’Europe n’est pas en reste, en témoigne DHL, filiale de la Deutsche Bank, qui a elle aussi procédé à une livraison par drone. Tout comme La Poste, qui mise beaucoup sur sa filiale, GeoPost, qui teste ses drones-livreurs.

DHL drone livreur - image 1

Il faut tout de même souligner que tous ces projets sont encore fantomatiques. Cette méthode de livraison n’en est qu’à son balbutiement. La sensibilisation au grand public de cette méthode alternative demeure également restreinte.

 

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