Intelligence artificielle dans nos téléphones. Bonne ou mauvaise idée?

Vous connaissiez l’intelligence artificielle (IA) au travers des différents objets connectés que nous avions eu l’occasion de vous présentez, voici que l’IA s’invite sur le plus commun d’entre eux : le smartphone. 

Superphone, nouvelle ère.

Un téléphone capable de prendre ses propres décisions? Voici venue l’ère des « superphones ». Plus question du design ou de la qualité d’affichage, la guerre que se livre les géants de la téléphonie se déplace sur le terrain de l’intelligence artificielle. La bataille se joue désormais à l’intérieur des appareils non plus sur son apparence.

Dans peu de temps, les smartphones seront capables d’accomplir des tâches sans internet et de prendre des décisions de manière autonome. Avec l’intelligence artificielle, le machine-learning (capacité d’une machine à simuler l’intelligence humaine), les smartphones pourront prendre leurs décisions et exécuter des tâches de manière autonome. A partir de la base de données, collectée au fil du temps, le smartphone est capable de les interpréter pour comprendre un contexte, une situation.

Pour l’instant l’IA ne concerne que les modèles les plus développés (et les plus chers par ailleurs), ils se comptent sur les doigts d’une main. Une récente étude du Cabinet Deloitte sur l’IA estime que courant 2018, les superphones concerneront près d’1 téléphone sur 5. Une entrée sur le marché très prisée des smartphones, qui se fera donc progressivement.

Big Brother

Dans le domaine, Huawei se pose en précurseur. En octobre 2016, le constructeur chinois présente son nouveau produit, la puce Kirin 970, la première puce à intégrer une unité de traitement neuronale (NPU).

Pour mieux comprendre la nouveauté apportée par Huawei, il convient de rappeler le système précédent. Aujourd’hui, la majorité des téléphones disposent de deux moteurs de calculs : l’unité centrale (CPU) et la partie graphique (GPU). Ainsi ce qui peut s’apparenter  à de l’IA était décentralisé sur des serveurs externes, qui brassaient des milliers de données pour pouvoir proposer des solutions individualisées. Huawei ajoute un troisième moteur qui permet à sa puce d’effectuer lui même ces opérations de brassage. Ainsi les informations ne transitent pas sur un serveur externe.

L’IA du téléphone permet ainsi de détacher les puces électroniques de la dépendance à la connexion internet. Si ce troisième serveur est installé sur votre smartphone, alors l’appareil ne nécessite plus d’un serveur externe et internet mais se suffit à lui même. En effet l’ensemble des informations recueillies pendant les périodes de connexion et d’observation servent de base pour les réponses aux besoins du propriétaire.  Tout sera analysé par l’IA pour mieux anticiper vos besoins. L’IA devrait alors permettre aux utilisateurs de smartphone de bénéficier d’une aide quotidienne personnalisée. 

Un marché déjà très concurrentiel

Comme rappelé précédemment, aujourd’hui l’IA ne concerne qu’une infime partie des smartphones en circulation sur le globe. Néanmoins plusieurs grands constructeurs investissent et se placent sur ce marché. C’est le cas du coréen LG et le finlandais Nokia qui ont d’ores et déjà annoncé la présence d’un assistant vocal utilisant l’intelligence artificielle, sur leurs prochains modèles.

Apple s’est aussi positionné sur ce marché avec la sortie récente de son iPhone X possédant la puce A11 Bionic. Tout comme sa rivale chinoise (Huawei), ce processeur comporte un réseau de neurones artificiels. Un mécanisme qui est à l’origine de la reconnaissance faciale Face ID, grande nouveauté de ce nouveau modèle. Ainsi le téléphone se débloquerait à l’aide d’un simple regard.  A l’aide des capteurs et des neurones du téléphone, le processeur est en capacité de produire un modèle 3D de l’utilisateur, qu’il pourra ensuite comparer à celui qui tente d’ouvrir le portable.

Si les deux géants ont pris de l’avance, la concurrence ne s’avoue pas vaincue. Google développe ses data centers à l’aide de l’IA, Qualcomm développe quant à lui ses propres processeurs. Tous semblent convaincus que la révolution de l’intelligence artificielle sera du même ordre que celle d’Internet dans les années 90.

Une avancée technologique inéluctable?

Le côté Big Brother de cette avancée technologique a de quoi en inquiéter et désorienter certains. L’idée d’un objet du quotidien pouvant connaitre et se rappeler de ses moindres faits et gestes a de quoi effrayer. La frontière avec la protection de sa vie privée semble compromise. D’autant plus que l’IA prévoit de prendre une place de plus en plus prépondérante dans la vie des citoyens. En effet après les objets connectés, les smartphones, la logique voudrait que d’autres types de produits soient touchés par l’IA tels que les voitures (développement des voitures autonomes) ou les maisons. La révolution est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Même si l’IA est inquiétante et comporte de nombreux inconvénients, les critiques doivent être relativisées. L’IA ne se substitue pas à l’Homme. La technologie est capable d’assister et aider l’humain, non de le supplanter ou de penser à sa place. Donc, pour l’instant, l’IA ne constitue pas une menace puisqu’elle nécessite encore l’homme pour fonctionner.

En outre, certains avancent que contrairement à ce que l’on pourrait penser a priori, ces superphones seraient plus protecteurs des données personnelles que les appareils d’aujourd’hui. En effet ceux-ci ne seraient pas reliés à un serveur externe donc les données seraient sauvegarder de manière entièrement autonome.

La véritable question est de savoir si les fabricants iront jusqu’au bout de la logique. Un téléphone complètement autonome n’est plus vraiment intéressant pour eux. En effet ils trouvent leur intérêt dans la récupération des données de l’utilisateur qu’ils peuvent monétiser par la suite.

 

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