Sarahah: la nouvelle pépite tech saoudienne

Sarahah. Ce nom ne vous dit peut-être rien aujourd’hui mais cette nouvelle application d’origine saoudienne est en passe de devenir un phénomène planétaire. Depuis fin juillet, l’appli caracole en tête des téléchargements de l’App Store et le monde de la tech a les yeux rivés sur cette dernière. Entre buzz et décadence, entrez dans le monde décalé de Sarahah. 

Sarahah - intro

Franchise et anonymat sont les maîtres mots de cette nouvelle application

Un concept simple mais rudement efficace. L’idée est la suivante: envoyer des messages anonymes à n’importe qui. Dans les faits, Sarahah est une messagerie anonyme qui présente une asymétrie de l’anonymat. En effet, celui qui envoie le message est inconnu mais celui qui le reçoit est ciblé par l’émetteur. Une simplicité qui semble payer jusqu’alors puisque l’appli fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps.

Pourtant rien ne prédestinait cette idée à devenir un phénomène mondial. Initialement, le développeur web saoudien, Zain al Abidin Tawfiq imagine un site destiné au monde du travail. Un outil qui permettrait de rompre la glace dans les entreprises. Le site offrait la possibilité aux employeurs de savoir ce que leurs employés pensaient d’eux, sans que ces derniers n’aient à s’avancer à découvert. En somme, des messages anonymes pour exprimer ce que l’on arrive pas à dire sous sa vraie identité.

Sarahah créateur photo

Le saoudien pensait faire un buzz dans le monde de l’entreprise. Finalement, c’est une autre cible auquel il s’est attaqué: la jeunesse connectée. L’appli conquit les ados de la terre entière et certains y voient peut-être le successeur des réseaux tels que Facebook, Snapchat et consorts. Adoptée par les Millennials du monde entier, l’appli cartonne. 

Derrière un concept simple, c’est tout une philosophie qui se dessine: quand la parole se libère, les relations s’assainissent. Un objectif affiché, qui se confirme par le titre même de l’application puisque Sarahah signifie en arabe littéraire « franchise ». 

Leçon du succès

Si aujourd’hui le succès de l’application est criant, tout n’a pas été toujours aussi évident. Pour attirer une clientèle plus large et pour plus de visibilité, le service est devenu une plate-forme permettant à chacun d’envoyer des critiques « positives » à ses amis, collègues, famille, tout en restant dans l’anonymat. Le succès est venu au cours de plusieurs étapes :

  • Fin 2016, Tawfiq rencontre un « connector« . Terme théorisé par Malcom Gladwell, journaliste américain, désignant un « influencer », qui permet de promouvoir au mieux des idées et des concepts. Le « connector » saoudien lui permet ainsi d’avoir une première visibilité dans le monde arabophone, avant que le site ne se propage « comme un virus » à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
  • L’appli séduit la jeunesse libanaise, tunisienne et égyptienne, qui comptabilise près de 3 millions d’utilisateurs en quelques semaines. Tawfiq décide de développer une application mobile, pour faciliter l’exportation de son concept. 
  • Le 13 juin 2017, l’application est lancée sur l’App Store, et est traduite en anglais. La sphère anglophone s’empare de cette pépite tech.

Explication Sarahah

  • Début juillet, Snapchat implémente une nouvelle fonction : le partage des liens URL. Une opportunité saisie par les utilisateurs de la micro-messagerie saoudienne qui partagent leurs pseudos. Snapchat étant une plateforme internationale, Sarahah devient en quelques semaines, le nouveau trublion de l’été. La viralité est alors sans précédent, en 10 jours, Saharah passe du top 1500 de l’App Store à la première position des téléchargements.
  • Fin juillet, Sarahah comptabilise près de 14 millions de téléchargements aux quatre coins du monde. Celle-ci surplombe la liste des téléchargements de l’App Store.

Dérives et garde-fous

Après l’amusement, l’entendement. À quoi sert véritablement cette application? Pour son créateur, c’est plutôt clair. Il a même précisé dans un interview donné à Mashable, que Saharah était particulièrement utile aux société arabes dans lesquelles les personnes étaient profondément franches et honnêtes mais dont les barrières sociales empêchent d’assouvir ce besoin profond.

conversation Sarahah

Mais pour les autres? Loin d’être pensé comme un défouloir, il est pourtant le réceptacle de nombreuses dérives. Insultes et harcèlement sont les principaux maux de l’appli. Sans aucun doute le concept du « sans filtre » n’a pas que des bons côtés. L’anonymat inquiète et l’appli est de plus en plus critiquée par les parents, inquiets face à ce phénomène fulgurant. Une face sombre qui prouve que Tawfiq a encore beaucoup de chemin à faire pour rassurer parents et investisseurs. 

Pour l’instant, Sarahah reste confiant quant à sa capacité à endiguer les débordements. L’éditeur assure que des filtres contre la vulgarité et les messages à caractères sexuels sont déjà en préparation. En effet, des outils doivent être trouvés avant que les dégâts ne soient irréparables et que l’appli ne prenne une tournure peu avantageuse. À ce propos, on peut prendre l’exemple de Chatroulette, un site de messagerie vidéo qui rapidement s’est transformée en plateforme sexuelle peu reluisante.

Prudence. Le terrain sur lequel se lance Sarahah est glissant, voir très glissant. Tous les sites de communication anonymes qui ont déjà existé par le passé sont tous tombés dans l’oubli peu après leur essor. C’est le cas de Whisper, Secret, Ask et même dernièrement Yik Yak pourtant valorisé à 400 millions de dollars il y a quelques mois. Ainsi, espérons que la dernière venue trouve les solutions pour pérenniser enfin ce schéma de conversation (ou pas). 

Le site est disponible ici. L’appli est disponible sur iOS.

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